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Déc 16, 2014

OVH lève 267 millions pour s’offrir l’Amérique

Rédigé par Malou Brévault
dans la catégorie Blog, Stratégie de Croissance

Parmi les entreprises françaises, il existe une pépite assez peu connue du grand public : OVH. Son métier ? Vous héberger. Ou plus exactement, héberger vos sites internet.

Avec ses 700 000 clients, ses 18 millions d’applications hébergées, et ses quelques 200 000 serveurs, OVH pourrait faire figure de Petit Poucet face aux deux mastodontes du secteur que sont Amazon et Google.

Et pourtant, la société roubaisienne n’a pas peur de se mesurer à eux et dispose même de solides arguments.

L’histoire d’OVH commence à Roubaix en 1999, dans la chambre d’Octave Klaba, à l’époque encore étudiant. En 2002, ne trouvant aucun serveur sur le marché lui convenant, OVH se met à concevoir les siens. Car OVH est loin de l’image éthérée que l’on peut avoir des entreprises internet. OVH, est une pure société industrielle devant faire face à des défis de taille dans chacun de ses datacenters (centres regroupant plusieurs milliers de serveurs). Parce que concevoir un serveur, c’est bien. Mais un serveur, ça consomme de l’énergie, ça chauffe, ça prend de la place, et parfois même, ça plante.

OVH a dû résoudre toutes ces problématiques en innovant : que ce soit en développant son propre système de refroidissement à eau, ou en construisant des datacenters dans des containers.

En 2004, OVH réalise sa première implantation internationale en Pologne, puis déferle sur l’Europe. En 2011, Octave Klaba fait ses valises et s’envole pour le Canada. Là, il organise la conquête du marché américain. D’abord la côte Est, puis la côte Ouest, avec l’Asie dans le viseur.

“Nous sommes le troisième hébergeur mondial, derrière Google et Amazon, déclarait Octave Klaba, directeur général d’OVH lors de l’OVH Summit à Paris en octobre dernier, et nous connaissons une croissance à deux chiffres ininterrompue”.

Pourquoi s’implanter au Canada et pas aux USA ? Il y a plusieurs raisons à cela, notamment la complexité d’installation. Mais l’une des raisons principales est de ne pas relever de la législation américaine, et ainsi ne pas tomber sous le coup du fameux Patriot Act. Auprès de clients attachés à la sécurité de leurs données, et ayant une confiance toute relative dans les agences gouvernementales américaines, ce genre d’argument fait mouche.

En 2014, OVH aura réalisé un chiffre d’affaires de plus de 225 millions d’euros. Pas mal, pour une société qui a tout juste 15 ans.

Mais Octave Klaba ne compte pas s’arrêter là. Jusqu’à présent, l’entreprise de “Roubaix Valley” assurait principalement sa croissance en s’autofinançant. Aujourd’hui, OVH lève 267 millions pour s’offrir l’Amérique.

Mais pas questions de faire entrer pour autant de nouveaux actionnaires au capital. L’entreprise reste familiale. Ces quelques 267 millions d’euros ne sont que des emprunts (renouvelables et obligataires) destinés à financer la poursuite de la croissance.

Pour ceux qui le croiraient fou de se mesurer à Amazon et Google, Octave Klaba n’hésite pas à rappeler que l’hébergement, contrairement à ses deux compétiteurs, c’est le cœur de métier d’OVH.

Et si l’entreprise de Roubaix qui compte aujourd’hui près de 1000 salariés (dont la moitié en France) se développe à l’international, elle n’en délaisse pas pour autant l’Hexagone, comme en témoigne sa récente implantation à Rennes.

Malou Brévault

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