Non, ce n'est pas un chat...
Juin 23, 2014

Le propriétaire de Fly est en difficulté

Le groupe alsacien Mobilier européen, propriétaire de Fly, mais aussi d’Atlas et de Crozatier, est aujourd’hui confronté à de sérieuses difficultés financières résultant d’une mauvaise anticipation de l’évolution de son activité.

Le marché change de plus en plus vite. En 2008, Fly était le n°1 français du meuble avant de se faire détrôner l’année suivante par IKEA  qui caracole en tête depuis. Le groupe Mobilier européen (et pas seulement Fly) se contente désormais de la 4e place, derrière Conforama (propriété du groupe sud-africain Steinhoff International Holdings) et BUT (filiale de Decomeubles Partners, société détenue conjointement par Colony Capital, OpCapita et Goldman Sachs).

Face à ces poids lourds, Mobilier européen n’est pourtant pas ridicule. Fort d’un réseau d’environ 200 magasins détenus en propre ou en franchise, le groupe emploie 2147 personnes (3750 personnes en tenant compte des franchises) et a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 744 millions d’euros. Mais le groupe alsacien a été trop lent à s’adapter aux changements d’habitudes des consommateurs, tout en ne capitalisant pas sur son image de marque comme l’a pourtant très bien fait son concurrent IKEA. En effet, aujourd’hui le groupe suédois est quasiment devenu un réflexe dans l’esprit des consommateurs.

Pourtant, la stratégie d’implantation des magasins IKEA laisse la place à ses concurrents de vivre. En effet, la taille d’un magasin IKEA lui impose la proximité d’une très importante zone de chalandise pour être rentable. Alliée à une puissante image de marque et à une communication bien rodée, le géant suédois est redoutable. Mais cela permet également à des concurrents disposant de surfaces de vente plus petites, donc nécessitant un chiffre d’affaires moins important, de tirer leur épingle du jeu.

Conforama ne s’y trompe d’ailleurs pas : il vient de racheter fin 2013 à Mobilier européen dix-neuf magasins Fly, dont les dix qu’il possédait en Suisse.

Le placement en procédure de sauvegarde du groupe alsacien survenu la semaine dernière va lui permettre de “souffler” un temps et de reconsidérer sa stratégie. Rappelons au passage que malgré la crainte qu’elle inspire, la procédure de sauvegarde est une procédure qui n’est pas obligatoire mais à laquelle une entreprise constatant qu’elle va au-devant de difficultés peut demander à bénéficier. Demander la protection d’une telle procédure est d’ailleurs sage car elle constitue un précieux outil de gestion comme nous avons déjà eu l’occasion de l’évoquer.

Pourtant, même si le groupe Mobilier européen est dans une situation difficile, il dispose encore de plusieurs options parmi lesquelles figure la cession des magasins Fly à Conforama. Celui-ci disposerait alors d’un ensemble de 300 magasins, ce qui lui permettrait de devenir un authentique poids lourd du secteur rivalisant avec IKEA. L’avenir nous dira ce que deviendra Mobilier européensa prochaine échéance judiciaire étant fixée le 30 juillet.

 

Une fois de plus, nous constatons qu’une entreprise qui fut un jour le leader sur son marché se retrouve en difficulté pour avoir mal anticipé l’évolution de son secteur, ainsi que la montée en puissance de ses concurrents. C’est pourquoi, un œil extérieur est un atout précieux dans la détermination d’une stratégie d’entreprise.

Malou Brévault

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